Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.

Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.

Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.

mardi 7 décembre 2021

 

J’ai oublié de te dire « je t’aime »

J’ai oublié les mots, j’ai oublié nos rêves

Ma mémoire s’est éteinte de nous

Et je ne sais plus vivre le moi

Je suis seul

Bien trop seul avec le vide qui se gangrène dans mes chaires

… Le précipice d’un adieu au vertige suicidaire


Je ne sais même plus qui je suis

Ni si je fus un jour

Et je suis là à attendre un toi

Un bout de passé qui ne viendra plus

Parce que je n’ai pas su m’accrocher

Parce que je n’ai pas su t’aimer

Parce que j’ai joué de ma vie

Sur les stèles oubliées

De ce vieux cimetière

Où se fleurissent d’éternité

Mes bien tristes solitudes.

Le Soleil et la Lune

 

De demi-lune en demi-mots

Il s’est laissé tomber dans son chaos

Juste une fois, juste un instant

Juste un baiser sur son sein blanc


Au demi-jour sans demi-tour

Elle s’est laissé consumer par cet amour

L’esprit perdu au vermillon d’un crépuscule

Qu’elle rêve encore quand le silence se noctambule


Le ciel alors se chuchote leur secret

Et les étoiles se « pantomimes » dans les nuances d’un ballet

Quelques filantes le porte bientôt jusqu’au plus loin de l’inconnu

Là où s’étoffe les enfers peuplées des larmes des vaincus


De cette brûlure torride est ainsi né l’enfant

Un petit monde nouveau berçant les océans

Mais ce bonheur sans heurt est bien vite obscurcit

Par un étrange néant égrené de mépris


Un odieux sortilège et les voici piégés

La Lune et le Soleil à jamais séparés

Mais soyez rassurés, ils veillent toujours la Terre

Dans un sourire de lune, un clin d’œil solaire


L’infante est aujourd’hui, notre mère, notre vie

Elle est mousse légère et même le merle joli

Elle est rose trémière, elle est le vent, la pluie

Les branches d’un vieil arbre, et ce chat dans la nuit


Elle est mille paysages en fond de toile bleutée

Et dans ses veines tranchées s’écoule le verbe aimer

Elle nous offre sa confiance, à nous de l’apaiser

Car nos âmes dans ses bras, elle reste notre foyer


De ses racines fragiles sa nature nous rappelle

Qu’a force de la blesser elle perd son éternel

Sur le plus haut rocher, donnons-nous tous la main

Et protégeons la terre pour la sentir demain.

 

Tu manques à mes mots quand j’écris ton absence

Ceux-là même qui glissent sur ta peau pour briser tes silences

Des mots fragiles, des mots stupides… Des mots d’amour

Des mots par habitude, ceux qu’on oublie un peu chaque jour.


Tu manques à mes rêves, et pourtant, je ne rêve que de toi

De nos nuits somnambules à se toucher, s’effleurer sous nos draps

Des nuits torrides, parfois trop sages… Des nuits d’amour

Des nuits comme ça, que l’on rêve pourtant comme d’un toujours.


On s’était promis la lune, on a touché les étoiles

Une à une, lentement, comme le pinceau sur sa toile

Des étoiles dans les yeux, des étoiles pour nous deux… Des étoiles d’amour

Des étoiles silencieuses, nul besoin de discours.


Tu me manques tellement et pourtant, tu es là dans mes bras

A dessiner sur mes lèvres des baisers d’autrefois

Des baisers sensuels, des baisers idiots… Des baisers d’amour

Des baisers éternels qu’on s’écrit simplement sans roulements de tambour.


Parce qu’à force de se voir, de se dire, de se lire

On ne se voit plus, on ne se dit plus, on ne se lit plus dans l’avenir

Pourtant, on s’aime, on s’aime tendrement, on s’aime furieusement… On s’aime d’amour

Et l’on se manque parfois de trop s’aimer… C’est ça l’amour.


Vive le vent

 

Sur le long trottoir

Paré d’indifférences

Un monsieur sans espoir

S’endort tout seul dans le silence.

Et tout là-haut le vent

Murmure son froid intense

Sur son vieux corps suintant

De mille gerçures, de mille souffrances.


Oh ! Vive le vent, vive le vent

Vive le vent d’hiver

Qui s’en va, sifflant, crachant

Sur ceux qui dorment par terre.

Oh ! Vive le vent, vive le vent

Qui souffle son froid

Sur les corps des mendiants

En leur glaçant les doigts.


Joyeux, joyeux noël

A tous les sans-abris

Les mains dans les poubelles

Et ce jusqu’au bout de la nuit

Et sous chaque carton

Il flotte un air de diète

La foi reste muette

Les mains tendues n’sont pas d’saison.


Oh ! Vive le vent, vive le vent

Vive le vent d’hiver

Qui s’en vient comme un gourmand

Pour mordre dans les chaires

Oh ! Vive le vent, vive le vent

Ce vieux croque-misère

Qui emporte dans ses tourments

Les âmes au cimetière.

253

 

253

Et les cendres de creuser les tombes pour fleurir la terre de leurs derniers parfums

Ils ne renaîtront pas

Mais ils vivront toujours dans les cœurs encore chauds

De ceux qui se souviennent.


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Et le printemps de pleurer ses bourgeons qui se sont enflammés

Le vent ne respire plus

Il a brûlé son souffle dans le feu de ces autres

Qui ne croient qu’en l’enfer.


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On les entend crier mais ils consument déjà dans un brasier funeste

Les églises se sont tues

Sur les vitraux gisants en mille tessons vulgaires

S’écoule encore le sang des innocents.


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Et encore combien pour faire jouir la bête et la voir transpirer les douleurs de nos frères ?

Ils avaient un nom

Le monde ne se souviendra que d’un nombre.

 

Je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux.

Pas parce que j’ai peur de ce que je pourrais voir - ou ne pas voir.

J’ai déjà vu tout ce qu’il y avait à voir.

Je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux parce que je suis fatiguée. Terriblement fatiguée. Mes paupières se sont refermées sur d’impensables pensées. Elles ont mordu les poussières obscures et sont tombées KO sous les trop nombreux coups du sort. Elles se sont refermées. Et je ne trouve plus cette lumière qui dessinait parfois sur mon visage, cette ride géante que les autres appellent « sourire ».

Je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux. Je garde les larmes qui goutte à gouttes forment cette rivière où j’aime tant me laisser emporter. M’emporter loin, aussi loin que mes rêves savent nager.

… Bien plus loin encore, et peut-être m’y noyer.

Je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux. J’ai déjà vu mon monde s’effondrer une première fois. Les débris d’une vie au milieu des cendres d’un passé qu’on ne peut plus oublier. Je l’ai vu s’effondrer, et je l’ai pourtant reconstruit. Sans doute trop vite. Beaucoup trop vite. On ne rebâtit pas toute une vie sur des fondations trop fragiles. On ne rebâtit jamais rien de toute façon, on prend simplement ce que le destin veut bien nous laisser sur le bord du chemin. Moi, je ne veux plus rien. Je ne demande plus rien. Je veux juste qu’on me laisse nourrir ma mort comme d’autres se régalent de leur vie anorexique.

Je n’ai plus envie d’ouvrir les yeux. Hier encore, je voulais croire que demain n’était pas juste demain, qu’il était un peu plus que tout ça, qu’il était un espoir, une renaissance. Mais je sais aujourd’hui que rien n’existe vraiment, que je n’existe pas moi-même. Alors pourquoi ouvrir les yeux ? Je veux vivre en dedans et marcher dans un imaginaire que je n’ai pas encore inventé. Je veux vivre dans l’ailleurs, là où les monstres ne sauront pas me trouver. Je veux vivre l’oubli.

Laissez-moi oublier.

Laissez-moi fermer les yeux.


Adieu

 

On m’a dessiné un ange

Je lui ai colorié les ailes en jaune et en bleu

Juste pour le rendre unique

Juste pour le rendre plus beau

… Et je lui ai aussi dessiné un gigantesque sourire au crayon rouge

Comme l’énorme nez d’un clown

Parce qu’un clown ça fait rire

Et que j’aime rire

C’est un peu ma façon de vous dire de ne plus vous inquiétez pour moi

Que je vais bien maintenant

Un peu ma façon de vous délivrez de mon mal

J’emporte avec moi plusieurs grilles de chiffres et quelques dominos de couleurs

Derniers passe-temps qui ont su ricocher dans mes trous de mémoire

J’emporte aussi mes crayons de couleurs

Pour colorier la terre, le ciel, les arbres et les oiseaux

Pour colorier la vie et colorer la mort pour la rendre moins triste

Mais j’emporte surtout mes plus beaux souvenirs

Et tout cet amour que je lisais chaque jour dans vos yeux

… Et je vous laisse mes sourires que je vous accroche en bord de cœur

Pour que vous ne vous souveniez que de celui que j’étais avant

Que vous vous en souveniez toujours en souriant

Parce que j’aime vos sourires


On m’a dessiné un ange

Je lui ai colorié les ailes en jaune et en bleu

Juste pour qu’il soit moi.