Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.

Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.

Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.

jeudi 17 novembre 2022

Il était... un corbeau

 

Je ne suis qu'un oiseau

Aux ailes mutilées

Aux ailes arrachées

Je ne suis qu'un oiseau estropié

Comme l'est devenu le corbeau

Dans ce monde sans pitiés.

Il était pourtant beau le corbeau

Dans son ciel azuré

Il l'était juste avant

Votre envie de le tuer.

Il était beau le corbeau

Mais vous l'avez enfermé dans la cage des répugnances

Par la laideur de vos mots

Par vos préjugés et votre ignorance.

Je n'étais qu'un oiseau

Je suis devenu ce corbeau

Ma noirceur en errance

Piétine les semences

D'une terre avortée

D'une terre abîmée

Depuis qu'une société trop violente

M'a déposséder de ma liberté

M'interdisant de la rêver

Me condamnant à ne jamais pouvoir revoler.

Il était beau ce corbeau

Juste avant que certains hommes

Ne le crucifie sur de vieux épouvantails

Et qui du haut de leur piédestal

Gangrènent leurs terreurs

Sur des terres continuellement en friches

Où de jeunes pousses apprennent le mensonge

Bien avant d'apprendre à parler.

Je n'étais qu'un oiseau

Je n'avais que le ciel comme engrais

Pour ensemencer mon esprit

Des plus belles vérités

Et comme le corbeau

J'ai cru aux fables du renard

Parce que j'avais vraiment envie de croire

Que j'étais bien plus qu'un oiseau

Et qu'un vieux morceau de fromage

Aurait pu régaler

Des ventres bien plus affamés.

Il était beau le corbeau

Avant d'être bombardé

Dans les cloîtres des sorcières

Pour n'en ressortir que plus méprisable

Aux yeux de ceux qui croient penser

Pour n'en ressortir que bien plus noir

Bien plus détestable.

J'étais un bel oiseau

Me voici aujourd'hui ce corbeau

Mon mauvais augure

En croassement lugubre

Essarte mes dernières révoltes

Pour ne laisser dans ma tête

Que quelques pensées fauchées

Et que le chant maudit d'un cimetière terrifié.


¤ Cat ¤ ©

17/11/2022

jeudi 3 novembre 2022

Désordres

 

Et voici que commence mon enfer

Au début, il n’était qu’étincelles

Là où d’autres y avaient déjà vu le commencement d’une fin

je n’y ai entraperçu que l’aube d’un espoir

Puis peu à peu la bluette est devenu brasier

Le brasier un immense feu

Un feu qui ne scintille plus ses flammes juste pour me réchauffer

Mais pour me consumer l’âme

Me dévorer les entrailles.

L’étincelle n’est plus espoir

Elle est à présent le berceau de ma chute

Mon corps s’est éteint

Lui qui jadis savait si bien me conter la vie

Ne me parle plus

Ne m’écoute même plus

Il s’épuise à danser dans les flammes

Et je n’y peux plus rien…


Voici que commence mon enfer

mon cerveau lui-même s’est perdu dans ses propres limbes

il agonise seul dans mes rêves

il ne rêve son agonie que sur un lit de remords

Il y avait pourtant cru en sa chance

Quand ces dizaines de rêves s’étaient bousculées en lui-même

Il y avait cru en ma renaissance

mais l’on m’a avorté bien avant que je renaisse

et ça l’a tout simplement brisé

Mon cerveau, comme mon corps s’est grimé du silence

Tout est devenu mensonges, embrouilles

je m’embrouille, je me mens, je leur mens

Et tout est de ma faute

je n’ai pas su les écouter

je les ai trop mal aimé

j’ai laissé se refermer cette porte

que d’autres avaient ouverte

je l’ai laissé se refermer

Et redeviens l‘avant


C'est aujourd'hui que recommence mon enfer.


© Cat 03/11/2022

jeudi 19 mai 2022

 Et nous danseront nos corps sous les coups de pinceau du peintre fou.

Nous harmonisant de ses couleurs

nous ferons l'amour comme nos aînés autrefois

juste avant que la Mort ne vienne s'ensemencer au creux de leur ventre.

Les sueurs mélangées aux peintures délicieuses

dessineront ces frémis que l'on croyait disparus

et nos pensées les plus osées

celles que l'ont s'étaient jusque là toujours interdites

se feront audacieuses au pastel de nos bouches

et seront constellées sur le tableau des désirs.

Le peintre

dans son costume de clown illusionniste

jettera les esquisses de son art oublié

à la gueule de tous ceux qui ne croient plus

et nous, nous nous hasarderont à nous aimer encore plus fort

sur la palette des mille sens

A deux, à trois, à dix, à cent

Nous nous aimerons alors librement

Sans jugements, sans différences

nous nous aimerons en noir et blanc

nous nous aimerons en arc-en-ciel.

Et dans l'atelier du peintre

nos orgasmes dessinés

sur la toile immortelle.


Cat 19/05/2022

vendredi 15 avril 2022

 Il ne sera plus jamais un enfant

Il y a trop de sang

Beaucoup trop de sang

Le sang des siens, le sang de tous ces autres

Demain

Demain il se tranchera les veines avec les tessons de sa dernière bouteille de vodka qu'il a sifflée un soir sans fin avec un vieillard paumé juste avant qu'il ne soit emporté par le baiser violent et glacé d'une garce métallique.

Alors il regardera couler son innocence perdue sur les poussières de sa rue.

Et dans ses yeux meurtris, des larmes d'enfant qui se mélangeront aux cris des sacrifiés, laissant au monde comme un écho de douleurs.

Et il regardera s'enfuir son histoire trop courte sur les ruines encore fumantes d'une ville estropiée.

Alors, la lumière s'éteindra

Le monde chuchotera son indifférence

Son pays en oubliera jusqu'à son existence

La lumière s'éteindra

Et ses cendres de fleurir sa terre natale.


Cat 15/04/2022

samedi 5 mars 2022

 

(…) Alors il crachera son foutre sur les vierges endeuillées

Salissant leur mémoire

Les salissant jusqu'à leur propre histoire

Il les regardera se noyer lentement dans sa semence puante

Et tout autour d'elles, agonisantes

Les âmes anciennes d'hurler leur vengeance

Tout autour d'elles, les autres de se figer dans leur indifférence

Et lorsque le silence se fera à nouveau entendre

Lorsque les oiseaux même s'arrêteront de pleurer

La Bête alors explosera dans sa jouissance nucléaire

Et s'ouvriront à jamais les portes des enfers.