Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.

Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.

Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.

mardi 7 décembre 2021

Adieu

 

On m’a dessiné un ange

Je lui ai colorié les ailes en jaune et en bleu

Juste pour le rendre unique

Juste pour le rendre plus beau

… Et je lui ai aussi dessiné un gigantesque sourire au crayon rouge

Comme l’énorme nez d’un clown

Parce qu’un clown ça fait rire

Et que j’aime rire

C’est un peu ma façon de vous dire de ne plus vous inquiétez pour moi

Que je vais bien maintenant

Un peu ma façon de vous délivrez de mon mal

J’emporte avec moi plusieurs grilles de chiffres et quelques dominos de couleurs

Derniers passe-temps qui ont su ricocher dans mes trous de mémoire

J’emporte aussi mes crayons de couleurs

Pour colorier la terre, le ciel, les arbres et les oiseaux

Pour colorier la vie et colorer la mort pour la rendre moins triste

Mais j’emporte surtout mes plus beaux souvenirs

Et tout cet amour que je lisais chaque jour dans vos yeux

… Et je vous laisse mes sourires que je vous accroche en bord de cœur

Pour que vous ne vous souveniez que de celui que j’étais avant

Que vous vous en souveniez toujours en souriant

Parce que j’aime vos sourires


On m’a dessiné un ange

Je lui ai colorié les ailes en jaune et en bleu

Juste pour qu’il soit moi.

Soignants

 

Elle a les yeux gris

Les yeux des mauvais jours

Ces jours sans fin, ces jours sans bruits

Ceux qui la poursuivent toujours jusque dans ses rêves trop lourds


Elle a les yeux ternes

Transparents jusqu’à les effacer

Et juste en dessous les morsures de ses cernes

Comme la marque des fatigues pour ne pas oublier


Elle a le corps usé et le moral abîmé

Tant d’années à écouter les silences de leur triste solitude

Les soigner, les aider… et les voir s’en aller

Trop d’années à s’écorcher dans les mêmes habitudes


Elle a souvent les yeux vides

Vidés d’avoir trop pleuré les soirs d’épuisement

Quand leurs souffrances se dessinent sur leurs visages livides

Et se crayonnent dans ses cauchemars dans un décor de noir et de blanc


Et pourtant au milieu de toutes ses rides

Elle accroche chaque jour sur ses lèvres un sourire

Un sourire pour fleurir leur désert trop aride

Un sourire pour guérir juste un peu leur envie de mourir


Elle a les yeux bleus parfois

Bleus de vivre dans les leurs comme une lueur de reconnaissance

Entre deux larmes de lassitude et les petits et courts instants de joie

Qui lui donnent chaque matin la force de se lever malgré son impuissance


Aujourd’hui on applaudit, on dit merci

Mais rien n’efface les nuits sans lune et sans étoiles

Toutes ces manifestations inutiles où se sont perdus ses cris

Pour un peu de chaleur dans un monde glacial


Aujourd’hui, elle a encore les yeux gris, les yeux usés

Mais elle continue d’avancer dans les longs couloirs blancs

Pour un sourire, même timide, dans le regard des personnes âgées

Et leur donner la main pour soulager leurs tourments.

 

Les larmes d’écoutes s’endorment au creux de mon oreille

Elles ont glissées le long des parois fragiles de mon cerveau

Elles ont glissées

Rythmant un goutte à goutte étourdissant dans mon sommeil

Comme un compte à rebours qui se rapproche du point zéro

Un point c’est tout


Tout paraît triste tout autour de moi

Tout paraît vieux

Et ce silence au fond de moi

Comme le début d’un nouveau jeu


Elles ont glissées

Un point c’est tout


Mais tu es où toi ?

Mais tu es où ?

Je te cherche derrière mes paupières fermées

Je te cherche mais tu n’es pas là

Je ressentais pourtant ta main sur la mienne se serrée

Je la ressentais

Mais je suis seule à présent sous le froid de mon drap


J’entends encore mais je n’écoute déjà plus…


Je suis partie

Un point c'est tout

Je suis partie

Ne m'attends plus

 

Combien de fois devrais-je encore me relever ?

Mes genoux et mes mains écorchées me font mal.

J’ai perdu de la force, du courage…

Et de l’envie.

Il m’est de plus en plus difficile de me relever,

Mes souvenirs ont vieillis bien plus que mes jambes

Et mon esprit ne saurait plus porter ma mémoire morte.


Combien de fois devrais-je encore me relever ?

Avant, quand je tombais, des dizaines, des centaines de mains m’accrochaient pour me sortir de mon néant,

Aujourd’hui, elles ne sont plus

Toutes perdues elles aussi dans leur propre trou noir.


Combien de fois devrais-je encore me relever ?

Chaque chute me rapproche de plus en plus de la folie

Je ne veux pas devenir fou

Être fou, c’est un peu oublier sa vie

C’est souvent oublier celle des autres

Je ne veux pas oublier.


Combien de fois devrais-je encore me relever ?

Pourquoi d’ailleurs devrais-je encore me relever ?

… Si tout au bout, plus personne ne m’attend ?

Les couloirs vides

 


Ils sont tristes les couloirs

Les couloirs vides de leurs pas

Ils sont tristes nos couloirs

Sans leurs pas boiteux sans leurs pas maladroits


Ils sont tristes les couloirs

Aux portes fermées sur l’oubli

Ils sont tristes dans ce noir

Nos couloirs privés de leurs bruits


Et derrière chaque porte fermée

Les mêmes vieux aux sourires abîmés

Et derrière chaque porte fermée

Des appels au secours et des rires oubliés


Ils sont tristes les couloirs

Abandonnés de l’écho de leur voix

Ils sont tristes comme ces soirs

Aux mélanges tragiques d’obscurs et de froid


Et derrière chaque porte fermée

Les mêmes vieux qui s’ennuient

Les mêmes vieux aux solitudes fanées

Dans un même bouquet au pied de leurs lits


Et derrière chaque porte fermée

Des larmes et des cris de douleur

Des cris fatigués des cris étouffés

Un peu de colère et beaucoup trop de leurs peurs


Ils sont tristes les couloirs

Silencieux et déprimés

Ils sont tristes nos couloirs

Pleurant les absences de nos vieux tant aimés

vendredi 10 septembre 2021

Le souffle du papillon

 

Le plus beau jour de ma vie...

Le plus beau jour de ma vie

c'est lorsque nos regards se sont frôlé pour la toute première fois

furtifs

furtifs mais intenses

quelques secondes noyées dans le temps

que j'ai gardé échouées sur une berge de ma mémoire

Quelques secondes où toi tu as tout de suite su

Quelques secondes qui m'ont perdu dans ce que, moi, je ne savais pas encore.


Le plus beau jour de ma vie

ce sont tous les hasards de nos rencontres après ça

Un regard, un mot, un sourire et un souffle parfois

Des hasards discrets, des hasards pressés, des hasards attardés

Des hasards profonds


Le plus beau jour de ma vie

Ce sont ces émotions qui ont brûlées en moi

Des émotions que je ne connaissais pas

Des émotions que je ne voulais pas entendre

et que j'essayais de taire dans un silence mortel

parce que je les croyais impures, mauvaises, interdites

Ces émotions

pour un regard, un mot, un sourire ou un souffle parfois.


Le plus beau jour de ma vie

C'est notre premier baiser

Baiser timide, baiser léger

à fleur de bouche

baiser inoubliable


Le plus beau jour de ma vie

c'est ton sourire qui me jetait sa lumière dans ce que je croyais noir et sombre

Ce sourire qui m'encourageait à combattre mes démons jusqu'en dans l'ombre

Parce que tu savais ce que j'avais trop peur de savoir

Parce que toi aussi tu avais envie de te battre

de te battre pour moi


Le plus beau jour de ma vie

Ce sont nos caresses

Caresses glissantes, caresses intimes

Un effleurement

Un choc

Une étreinte.


Le plus beau jour de ma vie

c'est lorsque j'ai enfin compris

Lorsque j'ai enfin compris

ce regard, ces mots, ces sourires et ces souffles parfois

Lorsque j'ai enfin compris que l'interdit ne vit que dans l'esprit

des gens prisonniers de leur propre bêtise.

Le plus beau jour de ma vie

c'est lorsque j'ai réellement pris conscience de cette attirance presque malgré moi

quand je t'ai laissé prendre feu dans mon regard

quand j'ai enfin nommé les mots

Embrassé tes sourires

et que je me suis laissé consumer dans ton souffle


Le plus beau jour de ma vie

C'est lorsque nous avons fait l'amour pour la première fois...

Et toutes les autres fois aussi

Bouche contre bouche

Peau contre peau

Instants profonds, puissants

où chaque seconde semble éternelle

où chaque seconde semble être la dernière

où chaque seconde...


Le plus beau jour de ma vie

ce sont ces brûlures sur ma peau

ces brûlures que tu as composées du bout de tes doigts

du bout de tes lèvres

et qui se sont emparées de mon corps jusqu'au plus profond de moi

qui se sont emparées de mon âme et qui s'embrasent toujours

avec rage

avec passion

me dévorant fiévreusement


Le plus beau jour de ma vie

C'est lorsque tu m'as dit « je t'aime »

et que je t'ai répondu « moi aussi »

tout simplement

Sans grands discours

Sans grandes phrases

juste « je t'aime »

Dans un regard, murmures de mots, un beau sourire, souffle enflammé


Le plus beau jour de ma vie

c'est lorsque l'on s'est dit oui

juste toi et moi

d'homme à homme

d'âme sœur en âme sœur

sans tous les autres

juste toi et moi

sans leurs mauvais regards, leurs mots blessants, leurs faux sourires

où leurs souffles de mépris bien trop souvent


Le plus beau jour de ma vie

Ce sont tous ces jours depuis toi

Ce sont tous ces jours avec toi

comme une promesse

comme la promesse

Et ce sont aussi tous ces autres jours qui suivront

Ce sont tous nos regards, nos mots, nos sourires

Ensemble, jusqu'à notre dernier souffle.


Cat 

10/09/2021


mardi 18 mai 2021

Pauvre fou

Sur ses cris, les flammes se sont embrasés, consumant ses mots, n'en laissant que des cendres. Des cendres fertiles d'où germent déjà les pesants silences. Il n'a suffi que de quelques larmes de souffrances pour les faire fleurir, et le souffle de sa respiration trop lente, pour qu'ils s'envolent et s'accrochent comme une gangrène, pourrissant ses chaires, dévorant ses entrailles, le laissant seul avec ses peurs, seul avec ses douleurs.

Son regard s'est figé dans le vide et son esprit, entre deux shoots, joue la folie pour fuir cette réalité et cracher sur son enfer, espérant l'illusion d'en calmer son brasier.