Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.

Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.

Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.

jeudi 3 novembre 2022

Désordres

 

Et voici que commence mon enfer

Au début, il n’était qu’étincelles

Là où d’autres y avaient déjà vu le commencement d’une fin

je n’y ai entraperçu que l’aube d’un espoir

Puis peu à peu la bluette est devenu brasier

Le brasier un immense feu

Un feu qui ne scintille plus ses flammes juste pour me réchauffer

Mais pour me consumer l’âme

Me dévorer les entrailles.

L’étincelle n’est plus espoir

Elle est à présent le berceau de ma chute

Mon corps s’est éteint

Lui qui jadis savait si bien me conter la vie

Ne me parle plus

Ne m’écoute même plus

Il s’épuise à danser dans les flammes

Et je n’y peux plus rien…


Voici que commence mon enfer

mon cerveau lui-même s’est perdu dans ses propres limbes

il agonise seul dans mes rêves

il ne rêve son agonie que sur un lit de remords

Il y avait pourtant cru en sa chance

Quand ces dizaines de rêves s’étaient bousculées en lui-même

Il y avait cru en ma renaissance

mais l’on m’a avorté bien avant que je renaisse

et ça l’a tout simplement brisé

Mon cerveau, comme mon corps s’est grimé du silence

Tout est devenu mensonges, embrouilles

je m’embrouille, je me mens, je leur mens

Et tout est de ma faute

je n’ai pas su les écouter

je les ai trop mal aimé

j’ai laissé se refermer cette porte

que d’autres avaient ouverte

je l’ai laissé se refermer

Et redeviens l‘avant


C'est aujourd'hui que recommence mon enfer.


© Cat 03/11/2022

jeudi 19 mai 2022

 Et nous danseront nos corps sous les coups de pinceau du peintre fou.

Nous harmonisant de ses couleurs

nous ferons l'amour comme nos aînés autrefois

juste avant que la Mort ne vienne s'ensemencer au creux de leur ventre.

Les sueurs mélangées aux peintures délicieuses

dessineront ces frémis que l'on croyait disparus

et nos pensées les plus osées

celles que l'ont s'étaient jusque là toujours interdites

se feront audacieuses au pastel de nos bouches

et seront constellées sur le tableau des désirs.

Le peintre

dans son costume de clown illusionniste

jettera les esquisses de son art oublié

à la gueule de tous ceux qui ne croient plus

et nous, nous nous hasarderont à nous aimer encore plus fort

sur la palette des mille sens

A deux, à trois, à dix, à cent

Nous nous aimerons alors librement

Sans jugements, sans différences

nous nous aimerons en noir et blanc

nous nous aimerons en arc-en-ciel.

Et dans l'atelier du peintre

nos orgasmes dessinés

sur la toile immortelle.


Cat 19/05/2022

vendredi 15 avril 2022

 Il ne sera plus jamais un enfant

Il y a trop de sang

Beaucoup trop de sang

Le sang des siens, le sang de tous ces autres

Demain

Demain il se tranchera les veines avec les tessons de sa dernière bouteille de vodka qu'il a sifflée un soir sans fin avec un vieillard paumé juste avant qu'il ne soit emporté par le baiser violent et glacé d'une garce métallique.

Alors il regardera couler son innocence perdue sur les poussières de sa rue.

Et dans ses yeux meurtris, des larmes d'enfant qui se mélangeront aux cris des sacrifiés, laissant au monde comme un écho de douleurs.

Et il regardera s'enfuir son histoire trop courte sur les ruines encore fumantes d'une ville estropiée.

Alors, la lumière s'éteindra

Le monde chuchotera son indifférence

Son pays en oubliera jusqu'à son existence

La lumière s'éteindra

Et ses cendres de fleurir sa terre natale.


Cat 15/04/2022

samedi 5 mars 2022

 

(…) Alors il crachera son foutre sur les vierges endeuillées

Salissant leur mémoire

Les salissant jusqu'à leur propre histoire

Il les regardera se noyer lentement dans sa semence puante

Et tout autour d'elles, agonisantes

Les âmes anciennes d'hurler leur vengeance

Tout autour d'elles, les autres de se figer dans leur indifférence

Et lorsque le silence se fera à nouveau entendre

Lorsque les oiseaux même s'arrêteront de pleurer

La Bête alors explosera dans sa jouissance nucléaire

Et s'ouvriront à jamais les portes des enfers.

jeudi 16 décembre 2021

 

L'hiver chante son froid à travers les branches des arbres.

Une musique lugubre dégoulinante de mélancolie et de macabre

Sur le sol humide, les feuilles s'entassent autour du corps recroquevillé de l'homme qui attend

Il a froid et il a peur, et l'oiseau de nuit, l'oiseau de proie de l’effleurer dans son tourment.


Voici des jours qu'il marche, qu'il court dans ce dédale de ronces et de buissons

Des jours qu'il fuit la mort, la sienne, celle des autres, des jours qu'il tourne en rond

Les arbres sont tous les mêmes, ils ne sont qu'un dans la forêt

Les arbres sont tous les mêmes, ne chuchotent plus, restent muets.


Dans le brouillard glacial, il espère la lumière, il espère son pays.

La neige craque sous chacun de ses pas et le son d'un violon qui accroche la nuit

L'épaisse chevelure des feuillus inquiétants lui refuse le ciel

Il n'en voit que des bouts, il n'en voit que des bouts sans soleil.


La douleur écrasante l'empêche de respirer sous son long manteau bleuté

Et dans ses lourds brodequins, des engelures carnassières lui nécrose déjà les pieds

Les loups sont affamés, il les entend se rapprocher, il les entend claquer leurs crocs

Les ombres se bousculent et le silence s'enfuit dans un dernier écho.


Sous la voilure d'un crépuscule trop sombre, il ne voit déjà plus les étoiles briller.

Il les as pourtant compter et recompter, pour ne pas tomber, pour ne pas abandonner

Mais le ciel de commencer à pleurer des larmes douloureuses et glaciales

Ses membres engourdis, fissurés, crevassés, se résignent alors du combat déloyal.


La forêt, comme un immense cimetière, les troncs des arbres comme autant de croix,

Aucun son de cloches pour lui rappeler les hommes, il n'a plus peur, il n'a plus froid,

Aucun son de cloches, juste le cri du vent pour le ramener à la terre, un dernier cri,

Et sous les paupières mi-closes du trop jeune soldat, le gris dans l'oubli à jamais endormi.

mercredi 15 décembre 2021

 

La bouche entrouverte

Comme la rose qui s'offre aux effleures de l'abeille

Elle est nymphe sur sa couche de miel.

Et dans les brumes de son premier sommeil

Elle attend patiemment que se posent ses rêves

Sur sa peau découverte.


Reine du fantasme

Sa couronne de fleurs au parfum de thébaïne

Sagement cristallisée en légendes libertines

Encense mes sens et transcende la bruine

En fumées chimériques, capturant l'attrape-rêves

Dans l'attente de l'orgasme.


Les mains courent, se cherchent, ne se trouvent pas toujours sous les draps de satin,

Les mains courent, légères,

Elles effleurent, s’effleurent, elles s'essoufflent, mais jamais ne s'arrêtent.


J'embrasse son ciel qui perle déjà sa rosée du matin

Ma langue court, tourne, se fait à la fois douce et guerrière

Et sur son sein, l'auréole d'un saint pour nourrir le poète.


La bouche mi-close

Elle respire la nuit, en respire ses étoiles délicieuses

Elle aspire et expire, expire et aspire jusqu’à mon entrecuisse en notes vicieuses

Et sa chevelure de lierre qui me susurre les caresses dangereuses

M'emporte déjà aux portes du mourir, jusqu'aux prémisses

De ma métamorphose.