Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.
Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.
Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.
mardi 15 novembre 2022
jeudi 3 novembre 2022
Désordres
Et voici que commence mon enfer
Au début, il n’était qu’étincelles
Là où d’autres y avaient déjà vu le commencement d’une fin
je n’y ai entraperçu que l’aube d’un espoir
Puis peu à peu la bluette est devenu brasier
Le brasier un immense feu
Un feu qui ne scintille plus ses flammes juste pour me réchauffer
Mais pour me consumer l’âme
Me dévorer les entrailles.
L’étincelle n’est plus espoir
Elle est à présent le berceau de ma chute
Mon corps s’est éteint
Lui qui jadis savait si bien me conter la vie
Ne me parle plus
Ne m’écoute même plus
Il s’épuise à danser dans les flammes
Et je n’y peux plus rien…
Voici que commence mon enfer
mon cerveau lui-même s’est perdu dans ses propres limbes
il agonise seul dans mes rêves
il ne rêve son agonie que sur un lit de remords
Il y avait pourtant cru en sa chance
Quand ces dizaines de rêves s’étaient bousculées en lui-même
Il y avait cru en ma renaissance
mais l’on m’a avorté bien avant que je renaisse
et ça l’a tout simplement brisé
Mon cerveau, comme mon corps s’est grimé du silence
Tout est devenu mensonges, embrouilles
je m’embrouille, je me mens, je leur mens
Et tout est de ma faute
je n’ai pas su les écouter
je les ai trop mal aimé
j’ai laissé se refermer cette porte
que d’autres avaient ouverte
je l’ai laissé se refermer
Et redeviens l‘avant
C'est aujourd'hui que recommence mon enfer.
© Cat 03/11/2022
jeudi 19 mai 2022
Et nous danseront nos corps sous les coups de pinceau du peintre fou.
Nous harmonisant de ses couleurs
nous ferons l'amour comme nos aînés autrefois
juste avant que la Mort ne vienne s'ensemencer au creux de leur ventre.
Les sueurs mélangées aux peintures délicieuses
dessineront ces frémis que l'on croyait disparus
et nos pensées les plus osées
celles que l'ont s'étaient jusque là toujours interdites
se feront audacieuses au pastel de nos bouches
et seront constellées sur le tableau des désirs.
Le peintre
dans son costume de clown illusionniste
jettera les esquisses de son art oublié
à la gueule de tous ceux qui ne croient plus
et nous, nous nous hasarderont à nous aimer encore plus fort
sur la palette des mille sens
A deux, à trois, à dix, à cent
Nous nous aimerons alors librement
Sans jugements, sans différences
nous nous aimerons en noir et blanc
nous nous aimerons en arc-en-ciel.
Et dans l'atelier du peintre
nos orgasmes dessinés
sur la toile immortelle.
Cat 19/05/2022
vendredi 15 avril 2022
Il ne sera plus jamais un enfant
Il y a trop de sang
Beaucoup trop de sang
Le sang des siens, le sang de tous ces autres
Demain
Demain il se tranchera les veines avec les tessons de sa dernière bouteille de vodka qu'il a sifflée un soir sans fin avec un vieillard paumé juste avant qu'il ne soit emporté par le baiser violent et glacé d'une garce métallique.
Alors il regardera couler son innocence perdue sur les poussières de sa rue.
Et dans ses yeux meurtris, des larmes d'enfant qui se mélangeront aux cris des sacrifiés, laissant au monde comme un écho de douleurs.
Et il regardera s'enfuir son histoire trop courte sur les ruines encore fumantes d'une ville estropiée.
Alors, la lumière s'éteindra
Le monde chuchotera son indifférence
Son pays en oubliera jusqu'à son existence
La lumière s'éteindra
Et ses cendres de fleurir sa terre natale.
Cat 15/04/2022
samedi 5 mars 2022
(…) Alors il crachera son foutre sur les vierges endeuillées
Salissant leur mémoire
Les salissant jusqu'à leur propre histoire
Il les regardera se noyer lentement dans sa semence puante
Et tout autour d'elles, agonisantes
Les âmes anciennes d'hurler leur vengeance
Tout autour d'elles, les autres de se figer dans leur indifférence
Et lorsque le silence se fera à nouveau entendre
Lorsque les oiseaux même s'arrêteront de pleurer
La Bête alors explosera dans sa jouissance nucléaire
Et s'ouvriront à jamais les portes des enfers.
jeudi 16 décembre 2021
L'hiver chante son froid à travers les branches des arbres.
Une musique lugubre dégoulinante de mélancolie et de macabre
Sur le sol humide, les feuilles s'entassent autour du corps recroquevillé de l'homme qui attend
Il a froid et il a peur, et l'oiseau de nuit, l'oiseau de proie de l’effleurer dans son tourment.
Voici des jours qu'il marche, qu'il court dans ce dédale de ronces et de buissons
Des jours qu'il fuit la mort, la sienne, celle des autres, des jours qu'il tourne en rond
Les arbres sont tous les mêmes, ils ne sont qu'un dans la forêt
Les arbres sont tous les mêmes, ne chuchotent plus, restent muets.
Dans le brouillard glacial, il espère la lumière, il espère son pays.
La neige craque sous chacun de ses pas et le son d'un violon qui accroche la nuit
L'épaisse chevelure des feuillus inquiétants lui refuse le ciel
Il n'en voit que des bouts, il n'en voit que des bouts sans soleil.
La douleur écrasante l'empêche de respirer sous son long manteau bleuté
Et dans ses lourds brodequins, des engelures carnassières lui nécrose déjà les pieds
Les loups sont affamés, il les entend se rapprocher, il les entend claquer leurs crocs
Les ombres se bousculent et le silence s'enfuit dans un dernier écho.
Sous la voilure d'un crépuscule trop sombre, il ne voit déjà plus les étoiles briller.
Il les as pourtant compter et recompter, pour ne pas tomber, pour ne pas abandonner
Mais le ciel de commencer à pleurer des larmes douloureuses et glaciales
Ses membres engourdis, fissurés, crevassés, se résignent alors du combat déloyal.
La forêt, comme un immense cimetière, les troncs des arbres comme autant de croix,
Aucun son de cloches pour lui rappeler les hommes, il n'a plus peur, il n'a plus froid,
Aucun son de cloches, juste le cri du vent pour le ramener à la terre, un dernier cri,
Et sous les paupières mi-closes du trop jeune soldat, le gris dans l'oubli à jamais endormi.
mercredi 15 décembre 2021
La bouche entrouverte
Comme la rose qui s'offre aux effleures de l'abeille
Elle est nymphe sur sa couche de miel.
Et dans les brumes de son premier sommeil
Elle attend patiemment que se posent ses rêves
Sur sa peau découverte.
Reine du fantasme
Sa couronne de fleurs au parfum de thébaïne
Sagement cristallisée en légendes libertines
Encense mes sens et transcende la bruine
En fumées chimériques, capturant l'attrape-rêves
Dans l'attente de l'orgasme.
Les mains courent, se cherchent, ne se trouvent pas toujours sous les draps de satin,
Les mains courent, légères,
Elles effleurent, s’effleurent, elles s'essoufflent, mais jamais ne s'arrêtent.
J'embrasse son ciel qui perle déjà sa rosée du matin
Ma langue court, tourne, se fait à la fois douce et guerrière
Et sur son sein, l'auréole d'un saint pour nourrir le poète.
La bouche mi-close
Elle respire la nuit, en respire ses étoiles délicieuses
Elle aspire et expire, expire et aspire jusqu’à mon entrecuisse en notes vicieuses
Et sa chevelure de lierre qui me susurre les caresses dangereuses
M'emporte déjà aux portes du mourir, jusqu'aux prémisses
De ma métamorphose.
