Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.

Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.

Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.

dimanche 10 janvier 2016

"Et l'on s'aimera comme jamais personne ne s'est jamais aimé. On s'aimera à s'en crever des bouts d'âmes sur le lit de nos désirs. Entre les draps froissés, nos cœurs éparpillés en mille morceaux de verres. Griffés, lacérés, par les plaisirs... On s'aimera jusqu'au mourir..."

¤ Cat ¤ 10/01/2016

mardi 5 janvier 2016

Malemort

Tu voudrais nous faire croire ton regard d’autrefois
Mais chaque jour tu t’éveilles à l’envi de crever
Et ta main accrochée au revolver sous ton oreiller
Ne cesse de respirer son métal trop froid

Et tu t’accroches aux sourires des pantins suicidés
Qui bavent la haine comme on crache sa foi
Tu les vois s’empaler aux mensonges d’un roi
Bien planquer sous les toits d’un paradis truqué

Tu promènes ta déprime comme on traîne son chien
Au petit matin froid sous un ciel gris en ruine
Et le vieux réverbère te dégueule son urine
Dans une bouche d’égout où s’endort le Bohémien.

Tu voudrais oublier que l’enfer un matin
A germer tes silences dans tes veines labourées
Un destin trop fragile qui s’amuse à planter
De vieux clous rouillés dans l’absence d’un demain.

Et tu creuses ta tombe comme on meurt seul et vieux
Dans les restes d’un cauchemar que personne ne digère
Mais tu continues de faire croire que tout ça t’indiffère
Nous serons les maudits dans les règles de ton jeu.

Et t’écrases ta clope sur ta peau nécrosée
Tu la regardes se tordre sous les rires des médocs
Tu ne comprends plus, mais maintenant tu t’en moque
T’as figé ton sourire sous l’ombre de ton oreiller.


¤ Cat ¤ © 05/01/2016

lundi 4 janvier 2016

Félix

Sur le sol frémissant des premières pluies d’automnes, les feuilles silencieuses s’endorment déjà dans une mort qui ne leur appartient pas.
Les pas vagabonds de Félix frôlent ce parterre rouge et or, laissant une trace boueuse dans cette fragilité automnale. Le chemin tâché des brumes matinales parfume la terre aux nouvelles saisons et promet la quiétude aux trop rares promeneurs. Un pâle rayon de soleil se dessine entre les branches des arbres qui pleurent leur soudaine nudité, et le vent en froide caresse leur souffle ses baisers, là, où hier encore, l’oiseau aimait faire son nid. Félix, spectateur d’un jour, nourrit son regard du silence des forêts et respire la fraîcheur des mousses sur la pierre. Il ne sait pas vraiment où il va, mais il sait ces endroits merveilleux. Et c’est sans un bruit, qu’il s’adosse contre le tronc d’un  grand chêne à l’écorce vieillie aux ravages du temps. Il n’entend déjà plus la chanson des voitures valsant sur le goudron humide de la nationale pourtant si proche.
Félix est loin. Loin dans ses souvenirs. De ceux qu’on n’oublie pas. De ceux qu’on n’oublie jamais. Parce qu’ils sont cette étincelle d’espoir qui ranime la flamme de vie dans nos âmes bercées aux ténèbres trop sombres. Il retrouve ses années de Fac, où, étudiant parmi les étudiants, il rêvait déjà de liberté. Il retrouve surtout Julie. Ses grands yeux verts, trésor d’émeraude qui enfermait n’importe quel aventurier de l’amour, dans sa prison de verre. La douceur de sa peau au parfum de vanille de ces îles qui « vagabondent » de sable chaud dans les pensées d’océan. Son sourire lumineux aux éclats de toujours… Et la tendresse de ses baisers. Le goût sucré de ses lèvres sur les siennes, comme un nectar de rose sur les ailes d’un papillon. Il retrouve aussi ces heures féeriques, que son envie d’ailleurs, a oublié de vivre. Des minutes gâchées à rêver la bohème, des secondes perdues aux tréfonds d’un passé. L’intensité de ce bel amour n’avait pas suffit à Félix pour brûler avec lui, et c’est dans sa promesse d’un retour qu’il s’était envoler, tel l’oiseau des légendes, vers ces lieux inconnus, qu’on ne sait que rêver. Les grands yeux de Julie, blessés aux larmes d’adieu, lui promettait de l’attendre à jamais sur le bord du chemin. Il croyait l’avoir laissée là, au milieu de ses mille pensées, mais, au plus profond de lui, il savait qu’il l’avait tout simplement abandonnée dans sa solitude éternelle. Il savait qu’il n’était qu’un bateau quittant à jamais son port d’ancrage pour mouiller sa coque vers d’autres rivages. Il s’était échoué si loin d’elle et pourtant ne l’avait jamais oublié. Chaque semaine, ils s’écrivaient de tendres lettres où il lui racontait ses voyages et ses rencontres, où elle lui disait qu’elle l’aimait et qu’elle espérait toujours le retour de son bohémien aux pieds nus qui vivait les sourires au bord d’un grand feu.
Une brise légère comme un frisson sur sa peau le ramène déjà à la réalité. L’une des dernières feuilles du grand chêne se laisse tomber sur le bout de papier froissé qu’il tient entre les mains. Avec délicatesse, Félix l’écarte des derniers mots de Julie qu’elle cachait sous sa robe marron. Des mots fragiles. Des mots d’adieu. Un cancer qu’elle taisait dans ses lettres précédentes pour, disait-elle, ne pas l’obliger à revenir. Un cancer qui avait su attendre un tout dernier « je t’aime » pour lui voler alors son ultime souffle de vie.
De nouveau, ses longs cheveux bruns lui caressent le visage quand sa bouche féline l’embrasse fiévreusement. De nouveau, il respire son parfum de peau, comme une tendresse à jamais déposée dans le fond de son cœur. De nouveau… Son sourire. Un sourire qu’à présent, il ne sait plus voir, à travers les larmes qui se noient dans ses yeux.
Il lui avait promis de revenir un jour auprès d’elle. Aujourd’hui, il tiendra sa promesse…
Sur le sol frémissant des premières pluies d’automnes, Félix, silencieux, s’endort déjà dans une mort qui ne lui appartient plus.

¤ Cat ¤ 04/01/2016

mercredi 25 novembre 2015

Les notes de l’hiver ont glissé sur la plaine
Un parterre fleuri de flocons doux et blancs
Les violons suspendus aux branches des arbres
Pleurent les premières gouttes de froid sur les corps endormis
Ils étaient des dizaines à rêver au soleil
Ils se rêvent aujourd’hui sous les feuilles d’un chêne
J’ai compris leur silence quand j’ai vu le poison
Se couler sur les peaux en sourire à la Terre
Et j’ai vu dans leurs yeux quelques bouts d’un adieu
Qu’on chantait autrefois dans les vieux cimetières
Les oiseaux par centaines se dessinent dans le ciel
Le bruissement de leurs ailes est musique dans nos cœurs
Et j’écoute tristement le tourbillon de la plume
Se poser délicatement sur leurs paupières entrouvertes
Un écrit éphémère pour cacher l’obscurité
Qui s’est emparé ce matin
De ces enfants suicidés. 

¤ Cat ¤ 25/11/2015

mardi 24 novembre 2015

Et ces autres jours qui ressemblent à dimanche

On se croirait dimanche avec ce bruit de cloches qui hurle dans nos têtes. Et dehors, le silence s’est pavé de la rue pour se fuir dans nos pas. Le rêve a explosé sous la ville en colère, les terrasses ont pleuré le vide sur nos pensées. Plus rien ne bouge. L’oiseau ne chante plus, le vent a disparu. On ne parle plus de guerres, on ne parle plus de haine, on se tait de l’amour. On traîne nos souliers, comme on traîne un boulet, a force de cheville qu’on ne cesse de briser. Certains marchent pieds nus pour oublier la mer, qui meurt jour après jour noyée sous les cadavres. Le sablier du temps s’écoule dans nos veines, comme un mauvais poison qui tue les sentiments.
On se croirait dimanche avec ce bruit de cloches qui résonnent dans nos rues. Les prisons ont craché ce que l’on ne veut plus, et on reste là, à regarder mourir nos enfants devant leurs écrans noirs salis de nos naufrages. L’hiver ne viendra plus, les arbres l’ont figé sous la glace d’un demain que l’on ne verra pas. Et j’ai croisé le regard d’un requin en chemise, j’ai lu son sourire dans sa faim de profit. Et j’ai su. J’ai su que sa cravate d’aujourd’hui, serait sa corde de demain. Il se balancera, au milieu de centaine d’autres, dans la cour des écoles désertées du savoir. Les pantins pathétiques à moitié dévoré par les flammes gigantesques du brasier de nos livres. Et, danseront sur les murs, en valse comique, l’ombre de nos désillusions, tourbillon désolé.
On se croirait dimanche, les corbeaux déguisés s’apprêtent au festin dans nos églises fermées. Ils ont tué leur Dieu et vomit sur nos tombes, les restes d’un enfant planté sur une croix. L’oiseau de cendre, grimé en charognard, dévore nos pupilles sur l’autel bombardé. Et nous voici plongés, dans cette obscurité qu’on nomme indifférence et qu’on voudrait cracher dans un confessionnal pour le dernier pardon. Et j’ai vu tous les anges qui s’arrachaient leurs ailes parce que depuis longtemps, ils ne croient plus en nous. Je les ai vu mourir sous les ruines de notre foi, lâchement ensevelis contre un baiser du Diable.
On se croirait dimanche, mais il n’y a plus de messes. Les curés sont partis en colonie de vacances pour apprendre aux enfants quelques jeux trop vicieux. Et la bible souillée du liquide des jouissances se sait abandonnée sous la soutane incestueuse. Les cloches crient la sentence, mais l’Homme n’en veut pas. Elles coupent alors la corde du pendu défroqué et tintent dans nos cerveaux pour nous chanter la culpabilité.
On se croirait dimanche, la famille réunis à la table du Roi, s’empiffre de la dinde fourrée de ces coutumes, qu’à force d’habitudes, on ne connaît même plus. Et certains se dégueulent des discours politiques, que les chiens vagabonds ramassent à coups de langues, heureux de cette pitance qui les fera crever. On se croirait dimanche, les poubelles sont pleines des restes indigestes qu’on promet aux plus pauvres pour qu’ils se taisent et qu’ils meurent sans bruits. Et devant nos yeux gris, les enfants faméliques de ces terres lointaines, divertissent nos larmes qu’on essuie bien trop vite parce qu’un bout de la crise viens frapper à nos portes. Et lentement, le vin s’écoule dans nos gorges pour nous faire oublier les sécheresses des rivières et les pluies disparues.
J’ai vue la Terre mourir, étouffée sous nos milliards de déchets. Je l’ai vu disparaître dans un souffle de cellophane sous les fumées noires d'un tragique goudron, et personne n’était là pour le dernier adieu. Personne.
On se croirait dimanche, un dimanche comme les autres, et les cloches se sont tues.

¤ Cat ¤ 24/11/2015

mardi 17 novembre 2015

Dis-moi ? Viendras-tu encore dormir avec moi ?
J’ai laissé ton verre sur la table du salon.
Il ne respire plus tes lèvres, mais il me rappelle ta présence.
Et soudain, j’ai froid.
J’ai froid de ce manque de toi.
Et je ne comprends pas.
Je laisse ouverte la porte de notre chambre,
Et je reste à écouter  l’ombre de tes pas…
Qui n’approche pas.
Et je regarde ce verre vide sur la table,
Vide, comme se vide mon cœur de toi.
Sais-tu que nos draps ont gardé ton parfum ?
Ils se froissent dans mes larmes, mais n’effacent pas ta peau.
Pourquoi ne viens-tu pas dormir avec moi ce soir ?
Je te promets mes silences pour ne pas t’effrayer.

Et j’ai peur d’oublier ton sourire dans le reflet de mes yeux
Que l’enfer à crever comme on brise un miroir,
Ne laissant sur le sol que quelques morceaux de verre
Qui ne savent plus lire, qu’hier encore, on s’aimait comme des fous.
Et j’ai peur d’oublier dans mes veines en souffrance
Un bout de verre tranchant pour les faire saigner,
Dégueuler ces douleurs pour ne plus avoir mal
Me revivre de toi dans l’instant lumineux.
Je n’ai plus sur ma bouche
Le goût de ton dernier baiser
Que les gouttes de sang
Ont trop vite effacé
Je n’ai plus sur ma bouche…
Et je regarde ce verre
Colère inutile
S’écraser violemment sur le mur du salon
Parce qu’à présent je sais,
Que tu ne viendras plus jamais dormir avec moi. 

¤ Cat ¤ 17/11/2015

mercredi 11 novembre 2015


Que deviendrons nos larmes quand la pluie aura cessée ?
Un cri dans la nuit
Que l'enfant vomira ?
Ou juste un regret qui perlera sur la mort,
Comme l'oiseau empalé sur l'épine de rose.
Que restera t-il de nos amours suicidés
Sur la feuille oubliée
Aux dernières rosées ?
Je n'ai pas souvenir de t'avoir abandonné
Sur un quai plein de drames
Que tu croyais différents
Je croyais juste t'avoir protéger
Sous l'ombrage d'un saule 
Qui pleurait le soleil
Et le cœur en absence
Je réveille nos rêves
Les fleurs se sont fanées
Viens dormir dans mes bras.


¤ Cat ¤ 10/11/2015