Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.
Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.
Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.
mardi 31 juillet 2018
jeudi 8 mars 2018
Le
sourire emporté
Au
torrent de ses larmes
Qui
jouaient le vacarme
Dans
son crâne explosé
Elle
avait les yeux rouges,
Le
chaos dans son corps qui sursaute et qui bouge
Lui
brisant un à un
Ses
espoirs de demain
Elle
avait dans ses chaires
Tous
les mots déchirés
Ceux
qu’on n’ose plus crier
Quand
les poings écument l’air
Elle
avait les yeux rouges et le bleu arc-en-peau
Quelques
notes ecchymoses sur ses jambes et
son dos
Elle
avait les yeux rouges et le ciel en douleur
En
dedans les étoiles qui s’éteignent et qui meurent
Elle
avait les yeux rouges et le cœur fissuré
Les
lèvres parfumées
Aux
couleurs du sang
Qui
traçaient le néant
Sur
sa vie violentée
Elle
avait dans son âme
Ce
silence terrifiant qui fracture le temps
Le
sinistre secret qui balafre la nuit en laissant cependant
Comme
un souffle de vie, le soupir d’une femme
Et
derrière ses yeux rouges… Les dernières cicatrices.
Cat - 08/03/2018
lundi 22 janvier 2018
L'homme des sables
Les
larmes du désert
Que
l’on écoute couler dans les rivières de sables
Nous
racontent les dunes
Sous
le pas de ces hommes
Aux
sourires d’hier.
Les
larmes du désert
Comme
les mots de la pluie
Qui
s’écrivent chaque jour
Sous
la main de l’enfant
Qui
s’accroche à demain.
Et
le nomade
Il
était le chemin que les autres rêvaient
Grain
de sable soufflé sur les bords d’un poème
Il
était ce scorpion qui glissait le Sahel
Aux
mémoires des regards
Pour
ne pas oublier.
Et
lorsque la lune s’éclairait dans le ciel
Il
lisait les étoiles
Qui
fleurissent les histoires
Comme
un conte de vie
Un
conte d’espoir
En
mille-et-une nuit.
Les
larmes du désert
Petites
gouttes de solitude
Une
à une libérée
Une
à une pour faire mille
Mille
et plus dans le creux désertique
Mille
et plus pour une oasis de vie.
Les
larmes du désert
Qui
se sont délivrées
De
l’œil d’un dieu
Pour
nourrir la terre
Des
plus belles libertés.
Et
l’enfant du désert
Au
regard dessiné
Sous
un voile bleuté
Comme
un message de paix
Un
reflet de lumière
Pour
calmer les tempêtes
Celles
qui viennent d’ailleurs
Celles
qui viennent des hommes
Ceux-là
même qui rêvaient autrefois…
Les
larmes du désert.
¤ Cat ¤ 15/01/2018
vendredi 22 décembre 2017
Je
voulais leur écrire quelques mots
Mais
ma plume n’a trouvé que des larmes
Les
larmes de ces enfants noyées dans le sang
Les
larmes de leurs parents figées à jamais dans le temps
Je
voulais leur écrire quelques mots
Parce
que c’est bientôt noël
Et
que sous leur sapin
Ils
n’ouvriront pas leurs cadeaux
Je
voulais leur écrire quelques mots
Des
mots fragiles, des mots tristesse
Les
mots d’un poète…
Juste
quelques mots
Mais
que sont les mots ?
Quand
on est plus là pour les entendre ?
Je
voulais
Pour
me souvenir d’eux
Mais
je sais que je les oublierais dans un coin de mémoire
Comme
j’oublie l’enfant des guerres qui meurt si loin de chez moi
Mais
je sais aussi qu’ils ne cesseront d’exister
Dans
les cœurs de leurs proches
Ceux
qui devront apprendre à vivre l’absence
Ceux
qui devront combattre la douleur du manque
Je
voulais leur écrire quelques mots…
Je
voulais
Les
barrières se sont fermées
Le
train est reparti
Et
les âmes des enfants
Main
dans la main
Sur
les rails d’un ailleurs.
¤ Cat ¤ 22/12/2017
mercredi 22 novembre 2017
Errance
Il
avait beaucoup changé depuis qu’il avait été trahi. Lui, le saltimbanque d’un
monde qu’il aimait piétiner de ses pas musicaux, le troubadour amoureux qui
rêvait les couleurs sur les murs gris des villes. Il avait beaucoup pleuré
aussi. Tout au début. Des larmes fragiles qui lui avaient laissées sur les
lèvres les tempêtes salées des océans trop lointains, de ceux qu’il noyait le
soir dans le profond de ses yeux. Il avait même pensé mourir une fois, mais la
mort n’était pas mère nourricière et aujourd’hui, bien plus que jamais, il
était affamé.
Il
avait beaucoup changé. La souffrance qui s’était emportée jusqu’au cœur même de
ses entrailles, s’était peu à peu figée dans la glace, ne laissant à son âme qu’une
intense et amère froideur. Lui, le poète baladin qui savait pourtant réchauffer
les sourires les plus tristes, ceux qui pensaient mourir dans les cœurs gelées.
Mais
il avait été trahi. Et depuis ce jour-là, il ne comprenait plus le monde, n’en
avait plus envie. Il s’était pensé indéracinable et il était à présent, gisant
comme un arbre mort au milieu d’une forêt de mensonges. Un tronc se vidant peu
à peu de sa sève de vie, mais qui, goutte après goutte, nourrira de sa haine
les terres alentours. Celles-là même, qui l’avait vidé de sa confiance, alors
qu’il y croyait encore.
Le
bohème n’était plus, il avait laissé le vent lui murmurer « vengeance »
et ne voulait plus entendre les cris de sa raison. Il avait quitté son chemin
de vie où étaient enterrées aujourd’hui ses plus grandes valeurs et vagabondait
à présent, seul, sur la grande route des revanches. Et à chacun de ses pas, lourds
de mépris, une fleur mourait, ne laissant derrière elle qu’un parterre de
croix.
Retourne-toi
polichinelle de rue et vois le carnage désolant que ta haine a semé. Retourne-toi
et lèves les yeux au ciel. Là-haut, les étoiles pleurent, celles que tu
écoutais chanter et qui berçaient ton cœur les soirs de quiétude. Regarde-les
et sèches leurs larmes avant qu’il ne soit trop tard.
¤ Cat ¤ 22/11/2017
mardi 14 novembre 2017
Chaque
silence avait un goût d’amertume. De celui qui s’accroche au palais comme l’odeur
de la mort dans les longs couloirs blancs. Une mauvaise saveur persistante qui
glissait lentement jusqu’au creux de son estomac et qui lui donnait la nausée. Elle
avait envie de hurler, de briser cette solitude silencieuse, mais les mots
restaient en balance chaotique au profond de son corps, comme un pendu sur sa
potence.
Elle était devant lui. Il la fixait et son regard la perturbait parce
que depuis peu, elle n’arrivait plus à le lire. Il était devenu une autre
personne, indifférent à ses souffrances, indifférent tout simplement. Il ne la
comprenait plus, ou ne voulait plus la comprendre, pourtant, il ne cessait de
la regarder et elle pouvait voir son reflet briller dans le miroir de ses yeux.
Un écho lumineux qui sombrait peu à peu dans son vide abyssal. Une chute qu’elle
n’acceptait pas. Elle ne voulait pas mourir dans le feu de ses pupilles.
Elle
voulait demeurer cette lueur même si elle savait son néant beaucoup trop grand
pour qu’elle puisse l’éclairer entièrement. Il la regardait toujours, et elle
voudrait lui crier pardon, mais crier ne servait plus à rien depuis qu’elle avait
un jour, franchit les frontières du « trop tard ». Ces limites, que
même les regrets, ne permettaient aucun demi-tour une fois de l’autre côté.
Elle
était devant lui, dans l’attente d’un mot ou même d’un sourire. Un signe, même
infime, sur lequel elle pourrait s’agripper pour ne pas encore le décevoir. Mais
il ne disait rien. Il restait là à la regarder comme s’il ne la connaissait
plus vraiment. Il lui en voulait et la promesse de ne plus le quitter ne l’avait
même pas fait sourciller.
Elle risqua un « je t’aime » qui s’évanouissait
déjà dans un étrange soupir d’abandon. Un « je t’aime » qu’elle n’avait,
jusque-là, qu’effleurer du bout de ses lèvres et qu’elle aurait voulu aujourd’hui
lui pleurer dans ses bras…
¤ Cat ¤ 14/11/2017
vendredi 12 mai 2017
Tu t’en vas, mais cette fois
tu ne reviendras pas
Les fleurs sur le quai se
sont fanées de ton absence
Et j’entends déjà au loin le
cri de ma souffrance
Je n’y survivrais pas
Le train quitte la gare
t’emportant avec lui
Vers ces terres lointaines,
paysages de croix
Sur les rails mes larmes
glissent tragiques dans le froid
Il n’y a plus aucun bruit
Je m’en vais à mon tour, je
ne reviendrais pas
Les fleurs sur le quai ont
refleuri nos souvenirs
Des flagrances d’un amour
qui ne peut pas mourir
Et que j’emmène avec moi
¤ Cat ¤ 12/05/2017
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