Petit chat joueur de mots, je pelote mes poésies de caresses câlines et je griffe parfois pour défendre les maux. J'écris le "je", le "nous", le "vous" et je ronronne souvent sous l'effleure de ma plume. J'invente, je tente... Juste pour le plaisir.
Fines moustaches et libres pensées... Je guette la rime et vous partage mon petit coup de patte.
Je ne suis pas un écrivain... Je suis le chat "couseur de mots" et vous êtes... mes petites souris inspiratrices.
mercredi 1 juillet 2015
Jeu de triche (Ou mauvaise pioche)
Entre toi et moi
Le jeu de la Mort
Le grand échiquier a pleuré le noir
Sur le blanc impur d'un mariage truqué
Les dés sont jetés
J'avance de trois cases mais l'impair passe
Sur le manque d'espoir
Entre toi et moi
Comme un toi sans moi
Tu as fait un six
Je double la mise et j'attrapes la corde
Autour de mon cou
Ne fais pas un trois ou le nœud coulant
Dans l'ombre océan
Noiera le silence
La mine de crayon
Suicidée sur le papier des doutes
Bout de gomme décapité
Ne crie plus notre amour
Et dégueule les toujours
Entre toi et moi
Les armes ont pleuré
Sur nos corps travestis
Criblant nos destins d'un mauvais jeu de guerre
Entre toi et moi
Le fossé se creuse
Comme se creuse nos tombes
Sans piqué de croix…
Les ronds ont gagné !
L'énigme plantée dans ton œil
Te souffle la réponse
L'aiguille dans mon bras
M'essouffle dans la course
Et si je recule
Encore de deux pas
Un lit de rocher
Pour me reposer
A moins que mes larmes
Donnent leur langue au chat !
Entre toi et moi
Tu es précipice
Et je tombe en toi
Le jeu est fini
Le baiser mortel d'infidélité
Nous place face au souffle
Du dragon maudit
Ecoute les flammes dévorer nos âmes
Tu es chevalier…
Retourne en prison !
L'épitaphe gravée d'un bonheur lointain
A saigné ses mots sous l'acide putride
Je passe mon tour !
Entre toi et moi
Le jeu de la Mort
Vaut-il la chandelle ?
Les pions colorés se sont crucifiés
Ne reste sur la table
Que la Dame trompée !
Entre toi et moi...
- Cat - 01/07/2015
lundi 22 juin 2015
Psychose partagée (Ou la Folie à deux)
Quelques gouttes d'un désir
Dans le creux de ton oreille...
Ecoute
Chuchotements
Du bout de mes lèvres
Le long de ta colonne vertébrale
Comme un chemin de croix
Je respire…
La torture d'un baiser
En compte-cicatrices
Mords dans ta chaire
Violée
Coupée
Tailladée…
Morte
Tu as fui ton corps comme tu as fui le mien
Ne laissant que les cendres d'un amour trop violent
Nous sommes les étrangers dans le lit des souffrances
Et nous griffons nos draps pour parer nos fantômes
Nos regards ne croisent que le vide de nos coeurs
Qu'un destin fanatique à tranchée sans remords
Quelques larmes oubliées
Dans le creux de tes reins…
Un frisson
Ton regard s'écoule
En cascade sur nos maux
Il ne voit plus les beaux jours
Qui fleurissent nos âmes
Je pleure…
Et nous ferons l'amour aux portes de l'enfer
Toi et moi dans la mort enflammés à jamais
Ne crions pas la fin, nous vivons l'éternel
L'éternelle carnassière qui dévore nos demain
Les plaies de mon cerveau saignent mes pensées
Et j'ai mal
Je sens battre mon plaisir sous tes doigts en transe
Et j'entend ton cri bestial qui t'écorche le ventre
Nous voilà l'un dans l'autre sous l'hypnose d'un supplice
Exorcisés aux adieux qu'on transpire sous les limbes « nirvanesques »
Le Diable doit se réjouir...
Quelques gouttes de sang
Sous le coup d'un couteau
Crachent
- Cat - 19/06/2015
mardi 16 juin 2015
Et l'épinette murmure une légende...
Le
soleil close
paupières et, lentement, s’efface aux terres qui s’endorment des
silences de nuit. L’horizon, lui, semble avalé l’astre
rougeoyant avant de recracher
une lune resplendissante dans un ciel d’été aux mille étoiles
lumineuses. Ce spectacle quotidien et pourtant unique, se miroir
chaque soir dans le regard saphir de Gaïa. Au cœur de ses croyances
lointaines, elle ressent parfois, les voltiges gracieuses et rieuses,
de l’âme de ses ancêtres dans l’azur mélodieux. Et c’est
dans ces instants de pure magie qu’elle rêve, sur sa peau, le
souffle de reconnaissance des mânes d’un temps passé. Frisson
d’espoir qui ne demeure hélas, qu’un noble fantasme dans son
esprit vagabond.
Gaïa, fragile au crépuscule de sa vie, se sait bientôt étoile parmi les étoiles. L’œil céleste qui veillera à jamais sur sa nombreuse descendance. Ses aînés, eux, l’ont déjà oubliée depuis longtemps.
La douceur de la nuit dévore alors furtivement l’immense taïga qui s’étend par-delà l’infini. Gaïa ne bouge pas. Sa mémoire traverse le temps et se pose fleurie sur les terres anciennes où vivaient ses aïeux. Nostalgie d’un passé insouciant, qu’un présent lumineux transforme aujourd’hui en étincelles de souvenirs…
… Souvenance des mousses légères qui flirtent sous leur pas agacés joyeusement au jeu des bousculades. Et d’un vent qui les pousse, parfois brusquement, dans des courses effrénées, qu’elle gagne à chaque fois.
Mémoire des baies délicieuses qui tâchent les bouches gourmandes et des papillons colorés en effleure caresses que l’été boréal a germé sous ses vents.
Souvenir des déchirures à l’appel de la vie, quand son besoin d’exister l’expulse de son enfance, l’oppose au monde adulte…
Larmes de souvenirs quand, bannit de son peuple, elle embrasse solitude.
Impossible pour les autres qu’elle résiste aux morsures de l’hiver, aux mortels dangers d’une flore carnassière. Insensé de penser qu’au voyage de sa vie, elle survive sans un « il », courageux protecteur, désigné par les Dieux, pour combler ses faiblesses.
Elle est l’ombre dans le froid qui brave les tempêtes. Meurtrissures, gerçures, déchirures. Elle est corps miséreux dévorée par la faim. Squelettique, famélique. Elle est parfois l’abandon quand la rage n’est plus. Mais elle est aussi cette force, cette envie de vivre, ce désir de semer d’autres valeurs dans le regard des autres. De voir germiner sous les poussières de son corps, les épilobes du renouveau, du changement.
Et sa rencontre avec lui. Celui que ses frères nomment l’ennemi, le prédateur. Cet échange silencieux entre eux. Ces mots qui ne sont pas prononcés, mais qui frissonnent chaque bout de peau. L’intensité dans les regards. Le respect.
Cette main qui s’approche. Lentement. Et Gaïa qui recule d’un pas, méfiante. Le temps suspendu à son éternité s’éclate sur la toile de cet étrange échange. Quelques coups de pinceaux trempés dans l’harmonie d’un geste. Les couleurs pigmentées du sourire de cet homme ont reflets de confiance dans le cœur de Gaïa. De nouveau, il s’approche. Geste osé d’une main qui caresse sa tête, reposée simplement sur le torse parfumé aux sueurs salées d’une fin de journée.
La naissance d'une amitié profonde dans ce déclin glacial, à jamais immortalisée comme une empreinte de tendresse fossilisée entre deux blocs de glace. Une amitié libre où chacun respire de son côté, chasse, dort. Le partage d'un repas, et, d'une couche de temps en temps. Le partage d'un regard, d'un réconfort, d'une confiance.
Gaïa, s'envole dans sa liberté, dévore les chaînes à ses pieds. Elle se veut libre de penser, libre de rêver, libre de choisir celui qui l'accompagne dans sa vie.
Et c'est Darcius, jeune solitaire, exilé pour vivre l'aventure, l'insouciance, les petits plaisirs et les grandes sensations de vie. C'est Darcius qui, au hasard d'une rencontre tumultueuse, devient son équilibre, son âme sœur.
Ensembles, ils s'inventent un nouveau monde. Un monde d'égalité, de liberté. Ensembles, ils donnent naissance au clan. Sans Béta, sans Oméga et surtout sans Alpha. Ensembles… Ils sont un.
Gaïa sur son rocher chuchote les années sur son vieux corps usé. Là haut, dans le ciel hivernal, une aurore boréale, comme un dernier clin d'oeil à son courage. Là haut… Le silence l'attend.
Ce soir, elle va rejoindre l'homme pour un dernier regard, une dernière tendresse. Ce soir, elle caressera le clan de son souffle bienveillant avant de s'en aller. Ce soir…
Le silence dévore la nuit, la plaine s'est endormie.
Le vent, dans les branches buissonnantes des épinettes, murmure que cette nuit là, il emporta dans son écho, le dernier hurlement de Gaïa, la louve libre.
Gaïa, fragile au crépuscule de sa vie, se sait bientôt étoile parmi les étoiles. L’œil céleste qui veillera à jamais sur sa nombreuse descendance. Ses aînés, eux, l’ont déjà oubliée depuis longtemps.
La douceur de la nuit dévore alors furtivement l’immense taïga qui s’étend par-delà l’infini. Gaïa ne bouge pas. Sa mémoire traverse le temps et se pose fleurie sur les terres anciennes où vivaient ses aïeux. Nostalgie d’un passé insouciant, qu’un présent lumineux transforme aujourd’hui en étincelles de souvenirs…
… Souvenance des mousses légères qui flirtent sous leur pas agacés joyeusement au jeu des bousculades. Et d’un vent qui les pousse, parfois brusquement, dans des courses effrénées, qu’elle gagne à chaque fois.
Mémoire des baies délicieuses qui tâchent les bouches gourmandes et des papillons colorés en effleure caresses que l’été boréal a germé sous ses vents.
Souvenir des déchirures à l’appel de la vie, quand son besoin d’exister l’expulse de son enfance, l’oppose au monde adulte…
Larmes de souvenirs quand, bannit de son peuple, elle embrasse solitude.
Impossible pour les autres qu’elle résiste aux morsures de l’hiver, aux mortels dangers d’une flore carnassière. Insensé de penser qu’au voyage de sa vie, elle survive sans un « il », courageux protecteur, désigné par les Dieux, pour combler ses faiblesses.
Elle est l’ombre dans le froid qui brave les tempêtes. Meurtrissures, gerçures, déchirures. Elle est corps miséreux dévorée par la faim. Squelettique, famélique. Elle est parfois l’abandon quand la rage n’est plus. Mais elle est aussi cette force, cette envie de vivre, ce désir de semer d’autres valeurs dans le regard des autres. De voir germiner sous les poussières de son corps, les épilobes du renouveau, du changement.
Et sa rencontre avec lui. Celui que ses frères nomment l’ennemi, le prédateur. Cet échange silencieux entre eux. Ces mots qui ne sont pas prononcés, mais qui frissonnent chaque bout de peau. L’intensité dans les regards. Le respect.
Cette main qui s’approche. Lentement. Et Gaïa qui recule d’un pas, méfiante. Le temps suspendu à son éternité s’éclate sur la toile de cet étrange échange. Quelques coups de pinceaux trempés dans l’harmonie d’un geste. Les couleurs pigmentées du sourire de cet homme ont reflets de confiance dans le cœur de Gaïa. De nouveau, il s’approche. Geste osé d’une main qui caresse sa tête, reposée simplement sur le torse parfumé aux sueurs salées d’une fin de journée.
La naissance d'une amitié profonde dans ce déclin glacial, à jamais immortalisée comme une empreinte de tendresse fossilisée entre deux blocs de glace. Une amitié libre où chacun respire de son côté, chasse, dort. Le partage d'un repas, et, d'une couche de temps en temps. Le partage d'un regard, d'un réconfort, d'une confiance.
Gaïa, s'envole dans sa liberté, dévore les chaînes à ses pieds. Elle se veut libre de penser, libre de rêver, libre de choisir celui qui l'accompagne dans sa vie.
Et c'est Darcius, jeune solitaire, exilé pour vivre l'aventure, l'insouciance, les petits plaisirs et les grandes sensations de vie. C'est Darcius qui, au hasard d'une rencontre tumultueuse, devient son équilibre, son âme sœur.
Ensembles, ils s'inventent un nouveau monde. Un monde d'égalité, de liberté. Ensembles, ils donnent naissance au clan. Sans Béta, sans Oméga et surtout sans Alpha. Ensembles… Ils sont un.
Gaïa sur son rocher chuchote les années sur son vieux corps usé. Là haut, dans le ciel hivernal, une aurore boréale, comme un dernier clin d'oeil à son courage. Là haut… Le silence l'attend.
Ce soir, elle va rejoindre l'homme pour un dernier regard, une dernière tendresse. Ce soir, elle caressera le clan de son souffle bienveillant avant de s'en aller. Ce soir…
Le silence dévore la nuit, la plaine s'est endormie.
Le vent, dans les branches buissonnantes des épinettes, murmure que cette nuit là, il emporta dans son écho, le dernier hurlement de Gaïa, la louve libre.
Cat - 16/06/2015
lundi 15 juin 2015
A tout jamais
Tu
souhaitais mon silence
Je
t’offre mon suicide…
La
Mort autour du cou
S’encorde
à ton mépris
Et
crache en bout de nœud
Coulant
Je
danse sur le fil
D'un
rasoir funambule
Et
je m’écorche l’âme
A
m’entendre crier
Regarde-moi
voler
Je
suis l’oiseau…
Mort
Sur
le vieux tabouret
Je
balance en cadence
La
folie de ce geste
Que
tu m’as chuchoté
Trop
de voix dans la tête
Mon
cœur est orphelin
Il
frappe à mon cerveau
De
lui prêter ta main
Écoute
mes bras sans plumes
Battre
cruellement le vide
Je
suis l'oiseau sans ailes
Au
fond du précipice
Et
je t’offre mon cœur
En
boulet à tes pieds
Ce
petit bout de chair
Que
tu as massacré
Ma
mort t’as enchaîné
Comme
un funeste esclave
Ta
conscience torturée
Au
souvenir d'un
moi.
Ai-je
perdu l’équilibre
Ou
bien m’a-t-on poussé ?
Peu
importe après tout…
La
Mort m’a ramassé.
Tu
souhaitais mon silence
Je
t'offre mon suicide
Et
ma mort carnassière
S'accroche
à ta mémoire…
Vivante.
¤
Cat ¤ © 14/06/2015
mercredi 3 juin 2015
Troublante sculpture
L’amoureux silencieux
Sur son socle de marbre
Se dévoile sous l’arbre
Au plaisir de nos yeux
L’esthète se veut charme
En beauté demi-nue
Où la feuille perdue…
Glisse en goutte de larmes
Sur le fruit délicieux
Elle cache folle ardeur
Perlée aux sueurs
D’un regard malicieux
Un souffle dans le cou
Sensuel frôlement
Déposé lentement
En baiser tendre et doux.
Le drapé de lin blanc
Où s’échappe le sein pâle
De la nymphe florale
Ne s’envole plus au vent.
Elle sourit simplement
Enlacée au granit
Et s’écoute maudite
Aux secrets de son temps.
Les amants de pierre
Ne sont plus que figés
Dans l’amour statufié
Que l’oiseau seul vénère.
¤ Cat ¤ © 06/06/2015
Photo Cat – Parc Beauregard – Montbrison (42)
mardi 2 juin 2015
Veux-tu rêver avec moi ?
Quand mon ciel obscurcit par le manque de toi
Me ténèbre
la nuit et m’enlace au grand froid
Je rêve la lune dans le fond de tes yeux
Les étoiles filantes en reflet amoureux.
Viens rêver avec moi qu’un encore est possible
Que l’amour sur tes lèvres est baiser
invincible
Viens rêver aux frissons de nos corps sur la
couche
Quand nos peaux se retrouvent au pendu de nos
bouches.
Aimons-nous simplement sur les rives d’un cœur
Que l’amour à crier en écho au bonheur
Et ta main dans la mienne en promesse d’un jour
Dérive aux tendresses caressées d’un toujours.
Viens rêver avec moi à l’éveil d’un matin
Où les rais de lumière à l’aube de nos reins
Crépuscules nos corps jusqu’au bout des vertiges
Ricochets de plaisirs sur l’amour en voltige.
J’ai besoin de tes bras pour calmer nos
silences
Qui déchirent le temps en paillettes d’absences
Et je t’offre mon cœur qui se larme aux blessures
Qu’un pantin un matin à grimé en tortures.
Viens rêver avec moi que l’amour n’est pas vain
Qu’aux croisées des destins nous vivrons nos demain
Simplement se dire « nous » sur l’autel
conjugué
Quand le verbe se veut délicieux bleu fruité.
Et je voudrais t’aimer jusqu’en bout d’éternel
M’embrasser de tes yeux jusqu’aux portes du ciel
Viens rêver avec moi, aux murmures de nos lèvres
Viens brûler dans mes bras aux plus douces des fièvres.
¤ Cat ¤ 02/06/2015
mardi 26 mai 2015
En rêve fou
Il rêvait, le fou, qu’elle reviendrait pour un
baiser. Il en rêvait dans chaque pas qui lui traînait sa vieille carcasse sur
le chemin douloureux d’un avenir sans elle. Il en rêvait lorsque ses nuits l’abandonnaient, cruelles, sur les pavés des
insomnies en bout de rue trop sombres. Quand le profond de son sommeil se
réveillait dans les sueurs des narcotiques anesthésiants, il se sentait happé
aux langues voraces des cauchemars qui vomissaient sur les draps blancs, le
flou reflet de son aimé. Il se vivait, ombre chimérique, dans ces espoirs, en
bout de couloir, à l’apparence trompeuse des infidèles qu’on voudrait croire. Vaincu
par sa solitude, le pauvre fou, jetait les armes des souvenirs sur le champ de
bataille de son cerveau à moitié dérangé par les nécroses du manque d’elle.
Il rêvait, le fou, qu’elle reviendrait pour son
baiser. Baiser tendresse à fleur de larmes sur la peau nue des roses lèvres.
Baiser caresse qui n’effleurait que la pureté de son regard voilé aux eaux
troublées d’un triste adieu. Il en rêvait quand l’aujourd’hui frôlait l’hier dans
un fantasme de demain. Quand ses demain seront figés au souvenir de son parfum.
Il rêvait, le fou, et les débris de sa mémoire, creusaient la tombe de son
sourire. Et quand la peur de l’oublier ensemençait son corps usé, il s’injectait
en bout d’aiguille, les cocaïnes des survivances. En bout de veine. Jusqu’à
pleurer. Jusqu’à crier.
Il rêvait, dans sa névrose obsessionnelle,
qu’elle se battrait pour ce baiser. Il la rêvait figure de proue, bravant les océans
violent de son pauvre destin pour s’échouer au port de ses bras. En bout de
bouche. En bout d’effleure. Frêle sirène au corps rongé par les sels carnivores
des eaux pleurées et dévorée par les mâchoires puissantes des vagues tumorales.
Il la rêvait, dans la violence des coups - sa belle furie - combattre les
tempêtes, se défier aux bourrasques des enfers, morguer la Mort… Il la rêvait,
là, faisant face à sa fin, toujours en avançant, en avançant pour se claquer à
son dernier baiser.
Il rêvait, le fou, qu’elle reviendrait pour ce
baiser. Cette douce empreinte qu’il n’avait pas eu le temps de lui laisser.
Perdu au cloître de son délire psychotique, il était fou de n’être que fou
parmi les fous. Et quand son âme à l’abandon prenait la route de son exil, il
s’insufflait, en bout de verres, le venin chaud des vieux cognacs.
Il la rêvait le fou, pendu à son sourire de fou.
Et il souriait le fou. Parce qu’il l’avait aimé. Parce qu’il la ressentait. Le jour.
La nuit. Elle était là, divine hallucination, dans le reflet de son regard noyé
dans le miroir des larmes. Elle était là, fantasme lumineux dans l’obscur de son
cerveau malade. Elle était là…
Et quand cette présence semblait rejoindre les cieux,
il mutilait son corps aux diverses blessures, comme pour se survivre à l’illusion
de son pauvre réel, qu’il avait bien planqué au fond des thébaïdes cérébrales. Quelques coups de rasoirs
pour ranimer les souvenirs, coups de poing et morsures, comme l’étrange offrande
à l’éclatante Mnémosyne.
Il rêvait, le fou… Qu’elle reviendrait pour son
dernier baiser…
¤ Cat ¤ 25/05/2015
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